jeudi 8 avril 2010


Une question lancinante taraude, depuis des décennies, les spécialistes de l'histoire de la Chine : comment se fait-il que la civilisation chinoise, qui fut pendant cinq siècles - en gros de 1 000 à 1 500 après J.-C. - la plus avancée du monde, se soit ensuite laissé distancer par l'Occident à l'époque de la révolution industrielle ? Pourquoi les Chinois, qui furent pourtant les inventeurs de la boussole, de la poudre à canon et de l'imprimerie, devinrent-ils des « tard-venus sur le chemin de la modernité » ? Cette interrogation irrigue les travaux de John King Fairbank (1907-1991), qui fut le « pape » des études chinoises à l'université Harvard des années 1940 aux années 1970 et le plus célèbre des sinologues américains du XXe siècle. Achevée à la veille de sa mort, publiée en 1992 et mise à jour par l'historienne Merle Goldman, son Histoire de la Chine est pour la première fois traduite en français. A sa lecture, une question se pose : le pays parviendra-t-il à relever le défi qu'il fut jusqu'alors bien en peine de résoudre : concilier croissance économique et amélioration du niveau de vie ? (Thomas Wieder, Le Monde, 2 avril 2010)